jeudi 22 juin 2017

Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous

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« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous ». Ces mots de Paul Éluard ne sont pas seulement qu’une belle citation qu’on trouve ci et là, en particulier un 25 mai ! Ils énoncent d’abord une réalité fondamentale, bien plus profonde qu’on ne peut le soupçonner. Il y aurait tant à dire autour de ces mots, tant ils correspondent pour beaucoup à une vérité qui s’est imposée à eux, comme une évidence. Celle-ci se niche parfois là où on ne l’attend pas.

J’étais hier avec mon meilleur ami. On ne se voit pas tous les jours, mais au moins tous les mois. Depuis plus de 25 ans. On se parle. On s’écoute. On rigole. On fantasme. On s’émerveille. On s’inquiète. On partage. Une vraie amitié. C’est incroyable ce qu’on peut partager. En toute confiance et en toute simplicité.

Hier, nous avons parlé – bien sûr – de tendresse. Finalement, c’est le seul sujet qui intéresse vraiment les mecs. La tendresse, simplement. Il se fait que dans l’après-midi ayant précédé nos retrouvailles, mon iPod magique avait sorti au hasard parmi 24 500 morceaux, la chanson « L’amour et la tendresse » de Pierre Perret. Il n’y a évidemment pas de hasard. Il n’y a que des rendez-vous.

J’ai parlé à mon ami de cette chanson. Il ne la connaissait pas. Grâce à Spotify, nous avons pu l’écouter. Une vraie découverte. Un vrai rendez-vous pour mon ami. Mais ce rendez-vous ne s’arrêtait pas là. Pour retrouver la chanson sur Spotify, mon ami avait juste introduit ces mots « Pierre Perret l’amour ». Nous avons trouvé la chanson, mais après, Spotify a spontanément proposé une « playlist ». C’est là que le hasard n’était plus qu’un rendez-vous. Cette playlist tournait autour de chanteurs que j’adore : Georges Chelon, Georges Moustaki, Léo Ferré, Barbaré, Yves Duteil, Graeme Allwright, etc. C’était déjà incroyable. Mais, en plus, la plupart des chansons qui nous arrivaient « par hasard » avaient un sens profond par rapport à tous nos partages, toutes nos discussions, toutes nos errances vitales. À vrai dire, nous nagions alors en pleine extase. Nos rêves, nos angoisses, nos divagations se concrétisaient soudainement dans la réalité de ces chansons éternelles. Ce ne pouvait être un quelconque hasard. Juste un rendez-vous intergalactique. Nous aurions pu passer la nuit à jouir de cette playlist inconnue. Et à chaque chanson à vibrer d’émotion. Quel bonheur.

Parmi ces chansons, un trésor que je connais bien, depuis longtemps, mais que mon ami ne connaissait pas : « La ligne droite », de Georges Moustaki, interprétée à la suite par Barbara. Un joyau sublime. Chaque artiste interprète la même chanson. Chacun dans son style. Et quand Moustaki se tait pour laisser place à Barbara, le miracle s’installe. Il n’y a pas de hasard. Il n’y a que des rendez-vous.


samedi 17 juin 2017

Paradoxe du singe savant

Si un singe tape indéfiniment et au hasard sur un clavier, il pourra « presque sûrement » écrire un texte donné. Ça prendra du temps (beaucoup de temps), mais il devrait y arriver. Cela s’appelle le paradoxe du singe savant. C’est un théorème passionnant et qui relativise quand même beaucoup de choses. Mais en fait, ce n’est pas de cela dont je veux parler. Mais de mon petit-fils !

Celui-ci n’est pas un singe. Loin de là… quoique, la suite de l’histoire en témoignera. Il se fait qu’Alexis (bientôt 4 ans) passe le week-end chez nous, accompagné de sa sœur Élise (1 an). Je ne sais pas si cela a un lien avec la suite, mais nous sommes allés – Alexis et moi – au cirque cette (chaude) après-midi. Un vrai cirque. Familial. Avec de beaux numéros et aussi des animaux (chevaux, lamas, bouc…) visiblement bien soignés et respectés.

Est-ce ce bon moment circassien qui a soudain rappelé à mon petit-fils, alors que sa sœur dormait désormais paisiblement, qu’il avait vu des singes lors d’un séjour familial ardennais il y a deux semaines ? Toujours est-il qu’il s’est transformé soudainement en singe ! C’est assez surprenant. Amusant, mais surprenant. Et au bout d’un temps, légèrement éreintant !

Bref, à un certain moment, je lui ai demandé de se calmer un peu. Je le lui ai dit en néerlandais. Il se fait que ses parents ont décidé – avec raison – de lui faire suivre sa scolarité (pour le moment, en 1re maternelle) en néerlandais. Moi qui ne suis pas très compétent en langues étrangères, du moins à l’oral, j’approuve pleinement ce choix qui permettra à Alexis de devenir un vrai bilingue (voire sans doute trilingue).

Assez naturellement finalement, Alexis m’a répondu en néerlandais ! Il m’a dit que les singes n’étaient pas calmes, car ils vivaient dans les arbres ! À vrai dire, heureusement que ma femme était à côté de nous pour me traduire cette phrase relativement simple, prononcée avec un vrai accent néerlandais !

Je ne crois vraiment pas que mon petit-fils soit un singe savant ! Il est juste un enfant de 4 ans, bien dans sa peau, avide de découvrir des tas de choses, et qui simplement grandit dans un univers linguistique pluriel et l’assume pleinement ! Quel bonheur !

Je ne veux pas dire ici que tous les enfants devraient suivre le même parcours. Quoique. Je sais simplement qu’un enfant qui, à 4 ans, peut passer d’une langue à une autre est un enfant qui – dans le monde actuel – a en lui une force incroyable. Et moi, en tant que grand-père « Papyllon », je m’émerveille. Et c’est bon.

mardi 6 juin 2017

Tais-toi !

Tais-toi ! Deux syllabes souvent prononcées ou écrites. Plus souvent encore, pensées. Tais-toi. T’as rien à dire. Tu n’y connais rien. Tu n’as pas le droit de penser, encore moins de parler. Tais-toi. De toute façon, tu as tort. Alors, tais-toi.

Nous avons sans doute tous et toutes entendu, à un certain moment de notre vie, ces paroles pleines de sagesse : tais-toi, tu n’y connais rien, parle seulement de ce que tu connais… Cette injonction soulève cependant deux questions fondamentales :
  • qu’est-ce qui permet de dire à une personne qu’une autre n’y connaît rien ?
  • quand bien même une personne « n’y connaît rien », n’a-t-elle pour autant rien à dire ?
J’ai vécu de près dernièrement cette situation, pour une question de rapport aux animaux, sur laquelle je ne tiens pas à revenir, mais qui m’a amené à me poser concrètement ces deux questions.

J’avais donc émis mon avis personnel à propos des chiens qui aboient ci et là, sans nécessairement que leurs maîtres interviennent. Je répète que je ne souhaite pas ici relancer le débat. Il est clair qu’il y a des positions différentes et, en soi, elles sont toutes respectables. Mais j’ai été frappé par le fait que plusieurs personnes (que j’apprécie par ailleurs) m’ont dit – de manière plus ou moins directe – que je n’avais de toute façon pas à émettre un avis à ce sujet puisque de toute façon, je n’y connaissais rien. Je n’ai jamais caché ni ici ni ailleurs qu’au jour d’aujourd’hui, je n’avais aucun intérêt à vivre avec un animal domestique. Est-ce une raison pour dire que je n’y connais rien ? Dans les méandres de ma vie, il m’est arrivé plus d’une fois à vivre avec un chien ou avec un chat. Certainement avec trois chiens différents. Et sans doute avec autant de chats. Ce n’était pas les miens. Mais j’ai vécu avec eux. Durant environ trois ans. Sans aucun problème dans cette co-existence. Pas de problème, mais cela ne m’a pas pour autant converti à l’idée d’avoir un chien. Mais la question n’est pas là : peut-on vraiment dire à quelqu’un qui a vécu au moins trois années avec des chiens et/ou des chats qu’il n’y connaît rien aux chiens ni aux chats ?

Bref, je crois avoir vécu suffisamment de temps avec des chiens et/ou des chats pour y connaître quelque chose. Mais quand bien même je n’aurais pas ce vécu de proximité, qui pourrait dire que pour autant je n’y connais rien ! En l’occurrence, je m’exprimais non pas sur la relation qu’on peut avoir avec un chien ou avec un chat, mais sur les (dés)agréments que peuvent produire ces animaux sur toutes les personnes qui sont amenées à les rencontrer, sans en être les propriétaires et sans contrôler tous les paramètres qui interviennent dans leurs rencontres. Je ne m’exprimais donc pas en tant que propriétaire, mais en tant qu’usager. Lors de mes balades pédestres, il m’arrive plus d’une fois (en fait, chaque fois) d’être confronté à des aboiements intempestifs, quand ce n’est pas un chien qui me court derrière. J’avoue que je ne connais pas le bonheur de vivre avec ces chiens qui aboient à mon passage ou me harcèlent. Mais il me semble quand même connaître cette peur de savoir ce qui va m’arriver. Je rassure : la plupart du temps, il ne m’arrive rien. Par contre, la peur, elle, est chaque fois présente (sans qu’elle soit pour autant névrotique ou psychotique !). Je ne connais peut-être rien (et encore) à la relation harmonieuse entre un chien et son propriétaire. Mais il me semble que j’y connais quelque chose (et plus que ça) entre un promeneur et un chien qu’il croise dans ses balades.

Je crois donc connaître quelque chose dans cette situation. Quand bien même je n’y connaîtrais rien, devrais-je pour autant me taire ? Au jour d’aujourd’hui, cette question est relativement absurde : on voit bien que tout un chacun s’exprime sur n’importe quoi et n’importe comment en étant persuadé de détenir la vérité. On peut se poser beaucoup de questions sur cette expression libre et débridée. Je suis d’ailleurs le premier à m’interroger sur la pertinence de certains propos, voire à m’effrayer de la violence qu’ils contiennent. Y compris d’ailleurs quand ce ne sont que des réactions par rapport à des propos initialement banals, comme ce fut le cas lors de la publication de mon billet. Toutes ces personnes, dans la violence parfois de leurs propos, devaient-elles se taire ? Non, je ne crois pas. Elles ont réagi comme elles le sentaient. Et en cela, elles avaient raison. Je n’ai pas de problème lorsque quelqu’un dit ce qu’il a à dire. Mais j’ai quelques problèmes lorsque certains disent « Tu n’as rien à dire, puisque tu n’y connais rien ».

Qu’est-ce qui leur permet de dire que je n’y connais rien ? Et même si je n’y connaissais rien, qu’est-ce qui m’empêcherait de dire ce que je ressens ? Que chacun apporte sa propre réponse…

lundi 5 juin 2017

Aller plus loin

FMG©2017

La vie est faite de moments. Certains n’ont aucune espèce d’importance. D’autres sont difficiles et font douter. D’autres enfin sont de petits paradis. Vous savez, ces moments où on sent que la vie a du sens, qu’on marche ensemble vers un monde meilleur, où simplement on va plus loin.

Je viens de vivre un de ces moments bénis. En soi, il est banal. De simples retrouvailles familiales, comme des milliers de personnes le vivent périodiquement. Dans notre cas, tout simplement en raison de la beauté de la vie qui mène chacun(e) là où il/elle doit être, il y avait bien longtemps que nous ne nous étions plus retrouvés tous ensemble, au-delà de rencontres ponctuelles. Ici, nous étions vraiment tous ensemble, avec trois générations. Quel bonheur !

Nous ne sommes pas une famille « fusionnelle ». Je trouve que c’est très bien ainsi. Chacun vit sa vie, avec des moments heureux et d’autres moins heureux. Mais nous ne nous retrouvons pas toutes les semaines. Ni même tous les mois. Nous restons une famille. Dans le respect de l’indépendance de chacun(e). C’est bien comme cela que je conçois le chemin de chacun(e) : toujours aller plus loin, mais toujours à son rythme.

Pas de relation fusionnelle donc, mais toujours – j’ose le croire – un plaisir profond à se retrouver. Trois enfants et trois mondes fondamentalement différents. Mais une certitude d’appartenir au même cercle. Certains s’y sont ajoutés. Tant mieux ! Découvrir la troisième génération (qui n’est en réalité que la nième génération) est une nouvelle porte qui s’ouvre vers la vie, la solidarité, l’amour… Merci à vous, mes (beau et petits-)enfants. Vous êtes le sel de notre vie.

Celle-ci n’a de sens réel – nous le savons depuis longtemps, ma femme et moi – qu’à aller plus loin. Le moment du chemin n’a pas beaucoup d’importance. Savoir qu’il y a toujours un après qui nous permet d’aller plus loin, cela seul compte. Cette conviction profonde, nous avons pu la vivre concrètement ce WE. Et c’est un réel bonheur.

mercredi 31 mai 2017

Orto Graf

On me reproche périodiquement – sans doute avec raison – d’être trop pointilleux, voire tatillon, face à certaines erreurs d’orthographe rencontrées ci et là sur la grande toile. Je ne le nie pas, même si les erreurs que je relève sont bien moins nombreuses que toutes celles que je vois sans réagir.

Oui, j’accorde de l’importance à l’orthographe et j’en ai une certaine maîtrise. Ce ne fut pas toujours le cas. Quand je relis certains de mes écrits, je suis souvent effrayé ! Il ne faut pas croire que cette maîtrise m’est venue comme ça, naturellement. Non, j’ai dû beaucoup travailler pour en arriver là, j’ai dû plus d’une fois chercher à vérifier ce que j’écrivais pour constater la plupart du temps que je me trompais, j’ai dû lire de nombreux documents pour analyser comment notre orthographe française fonctionne pour conclure plus d’une fois qu’il n’y a là aucune logique.

Ce fut une partie de mon travail dans de nombreuses situations : relire des documents – que j’en sois l’auteur ou non – pour y traquer la moindre coquille, la moindre licence par rapport aux règles, la moindre virgule manquante, l’espace inexistante ou superflue*, etc. J’ai – je crois – développé certaines compétences à ce niveau et c’est bien pour cela qu’on continue à me solliciter pour quadriller des textes divers. C’est devenu une seconde nature : mon œil de lynx est autonome et il suffit qu’il y ait une seule coquille dans un document pour qu’il la repère. Avec toujours alors la même question : que faire ? Si on m’a sollicité pour relire, il n’y a évidemment aucune hésitation : je corrige. Mais si on ne m’a pas sollicité, dois-je me taire ou signaler l’erreur qui soudain devient l’arbre qui cache la forêt ? Je n’ai pas de réponse définitive. Parfois je dis, parfois je me tais. Quand je dis, soit on me remercie, soit on ne me dit rien, soit on me tombe dessus ! Quand je me tais, on me reproche parfois de n’avoir rien dit ! Allez savoir…

Je suis ce que je suis et je crois que je continuerai à repérer la moindre erreur d’orthographe. Je parle bien d’ « erreur ». La notion de « faute » d’orthographe m’est inconnue. Personne ne se trompe pour se tromper. Par contre, il est quasi impossible de maîtriser toute l’orthographe française. Croyez-moi : des erreurs, j’en fais aussi. Et je suis toujours heureux quand on me les signale.

N’empêche, certaines erreurs sont parfois amusantes. Les exemples ne manquent pas. Juste avant d’écrire ce billet, j’en ai vu une belle. Dans une conversation à propos d’un ancien bistrot tenu avec beaucoup de cœur par un couple dont la femme s’appelait Léa, j’ai lu ce commentaire : « Oui, par après, elle fessais la livraison du nous deux à domicile ». Je n’ai rien signalé, mais j’ai souri. J’imaginais cette charmante Léa venir fesser à domicile ce couple souriant !

Croyez-le ou non : ce billet n’est qu’un sourire béat !

*En typographie, l’espace est bien un mot féminin.

mardi 30 mai 2017

Chien gentil

Je suis actuellement impliqué dans une discussion Facebook sur les chiens et la peur qu’ils peuvent engendrer. Au départ, cette banale photo à propos de laquelle une amie (que je considère comme telle) annonçait « Prêtes à aller aboyer sur les passants qui oseraient passer dans la rue devant leur domaine ».

Tout en percevant l’humour qu’il y avait dans ce post, je n’ai pas pu m’empêcher de réagir. Je ne supporte pas les chiens qui aboient pour défendre leur domaine, aussi « gentils » soient-ils. Ces chiens devraient – selon moi – être abattus, et leurs maîtres punis.

Clarifions la situation : dans ma vie un peu bohême, il m’est arrivé de vivre avec trois chiens différents. Ils n’étaient pas à moi, mais je n’ai jamais eu le moindre problème avec chacun d’entre eux. J’ai même chaque fois vécu de bons moments. Aucun des trois cependant n’a jamais aboyé bêtement pour un passant qui passait. Je crois que j’ai vécu – heureusement – avec des chiens intelligents qui ont autre chose à faire que d’aboyer sur les passants qui oseraient passer dans la rue devant leur domaine… Je crois surtout que leur(s) maître(s) n’aurai(en)t jamais accepté que ce(s) chien(s) puisse(nt) provoquer le moindre problème vis-à-vis du « commun des mortels ».

La question abordée ici n’est pas de savoir si oui ou non on aime les animaux. J’avoue ne pas avoir de passion pour eux, mais en soi, je n’ai pas de blocage non plus. Et je suis convaincu que pour des milliers de personnes, avoir un chien est un réel bonheur. Là n’est pas le problème. Malheureusement, beaucoup de propriétaires de chiens ne semblent pas le comprendre.

Dans le débat que j’ai eu, j’ai notamment évoqué une chouette promenade réalisée avec mes deux petits-enfants, Élise – un an – tapie dans sa poussette et Alexis – bientôt 4 ans – jouissant librement de la découverte d’un univers calme et résidentiel. En fin de parcours, à 10 mètres de la maison, nous avons rencontré un couple avec un chien. Sans laisse. Il s'est lancé vers nous. Certainement pour s’amuser. Mais Alexis a eu peur et logiquement s'est déplacé vers le centre de la rue. À ce moment, une voiture arrivait derrière nous. L'accident – qui aurait pu être dramatique – fut évité de justesse. La seule chose que le couple a réussi à me dire est "Mais il est très gentil". Je n’en ai pas douté une seule seconde. Devais-je moi-même tenir mon super Alexis en laisse pour qu’il ne puisse pas vivre sa vie d’enfant librement et sans danger ?

Cet exemple n’en est qu’un parmi beaucoup d’autres. Moins souvent que je ne le voudrais, mais souvent quand même, je me promène. À chaque promenade, il m’arrive d’avoir peur, au moins une fois. Tout simplement parce qu’un chien commence à aboyer. Jusqu’à présent, cela se limite à une peur. Ce n’est pas agréable, mais pas mortel non plus. Ce ne sont parfois que de petits aboiements de petits clebs qui ont en fait plus peur que moi. Mais le plus souvent, ce sont des chiens qui – s’ils étaient lâchés – ne feraient en réalité qu’une purée de mes mollets.

En écrivant ce billet, mon objectif n’est pas de m’attaquer à tous les propriétaires de chiens. Ils les aiment et c’est bien leur droit. Mon objectif est simplement de dire que tout le monde n’aime pas les chiens et que c’est bien leur droit aussi. Il y a des règles à respecter. Un, ne jamais accepter qu’un chien aboie sans raison. Et « défendre son territoire » n’en est pas une. Deux, ne jamais promener un chien sans laisse. Tout simplement parce qu’il est impossible de savoir ce qui se passera quand le chien rencontrera des gens qui tout simplement se baladent, sans devoir se soucier d’un animal qu’ils ne connaissent en aucune manière.

Malheureusement, devant la simplicité et l’évidence de ces règles de savoir-vivre, je ne suis pas sûr d’être entendu. Et c’est bien triste ! La vie est merveilleuse. Ne nous-la laissons pas pourrir !

samedi 27 mai 2017

Nos priorités pour un monde meilleur

À l’instigation de ce sage et saint homme qu’est le nouveau président des États-Unis, ce cher Donald Trump, la Belgique vient de se faire crosser par le Secrétaire général de l’OTAN pour le budget qu’elle consacre à sa défense (inter)nationale. Pensez donc : notre gouvernement a osé n’accorder au budget militaire 2016 que de misérables 0,85% du PIB. Nous nous classons ainsi au fond du fond de la classe ! Seul le Luxembourg fait moins bien (0,44% du PIB).

Lorsque j’ai entendu ces nouvelles, j’avoue avoir retrouvé un certain sentiment d’être belge ! Quel plaisir d’apprendre que mon pays ne dilapide pas son argent en dépenses militaires ! Oui, pour une fois, j’étais vraiment fier des décisions prises – jusqu’à présent – par ce gouvernement belge sur lequel j’ai énormément de doutes par ailleurs.

Je me souviens qu’en 1981 – ce n’est pas hier – j’avais pris le temps d’écrire à nos ministres de l’époque pour leur demander d’augmenter non pas le budget militaire, mais celui consacré à l’époque à l’aide publique au développement. Ce budget correspondait alors à 0,5% du PNB. La Belgique venait de confirmer son intention d’y consacrer 0,7% de son PNB. À l’époque, le ministre des Affaires économiques Willy Claes m’avait répondu de manière volontaire et engagée. Pour la petite histoire, il est à noter que Willy Claes est devenu, en 1994, Secrétaire général de l’OTAN. Il démissionna un an plus tard ayant été mis en cause dans une affaire de corruption relative à l'achat d'hélicoptères par la défense nationale belge. Mais bon, il s’était en tout cas en 1981 montré enthousiaste à l’idée de lutter contre la faim et la sous-alimentation dans le monde.

Plutôt que de vouloir consacrer aujourd’hui un budget de 2% du PIB à la défense nationale, je pense que plus que jamais il est indispensable d’augmenter le budget consacré à la coopération au développement. Ce budget correspond actuellement à 0,42% du PIB et ne cesse de diminuer depuis 2010. La Belgique ne peut cependant pas être considérée comme un mauvais élève à ce niveau puisqu’au niveau mondial, le taux moyen de contribution des pays donateurs correspond à 0,3% du PIB.

Une fois de plus, il s’agit de savoir quel monde nous voulons. Un monde fondé sur l’opposition, voire la guerre ? Ou un monde fondé sur la solidarité et l’entraide ?

mercredi 17 mai 2017

Le violoncelle

On m’a souvent demandé « Mais de combien d’instruments joues-tu ? ». Depuis longtemps, je réponds inévitablement « De tous ! Sauf l’accordéon diatonique et le violoncelle » ! En soi, un instrument de musique est toujours basé sur le même concept : des notes qui montent et descendent, avec certains écarts ! Il suffit donc de comprendre comment les notes d’un instrument montent et descendent et comment décider – selon l’instrument – comment se marquent les écarts. Ce n’est pas plus compliqué que ça.

L’accordéon diatonique est un peu différent parce que, tout en poussant sur une touche, on n’obtient pas la même note (=le même écart) selon qu’on pousse ou qu’on tire. C’est une réelle difficulté, mais qui en réalité ne me semble pas insurmontable. C’est finalement le même principe qu’un harmonica, instrument qui ne m’a jamais paru présenter la moindre difficulté pour en faire quelque chose.

Le violoncelle me semble un univers complètement à part. C’est paradoxal pour moi qui suis officiellement « contrebassiste » (même si j’ai bien conscience de ne jamais pouvoir être identifié comme un génie de cet instrument majestueux), la contrebasse étant finalement le seul instrument que j’ai appris par une voie « classique » (académie et tout ça) ! J’ai aussi joué du violon, notamment dans un des nombreux enregistrements que j’ai réalisé. Finalement, un violon n’est jamais accordé que comme une mandoline : une quinte juste, c’est-à-dire de la corde la plus grave à la plus aiguë, sol, ré, la et mi. Bref, juste l’inverse de la guitare ou de la contrebasse, mais avec les mêmes écarts.

Le violoncelle, c’est en fait la même chose : aussi des quintes, mais pas les mêmes : do, sol, ré et la (du grave vers l'aigu), comme en fait pour le violon alto. Pour un béotien, ça ne change pas grand chose. Mais pour un musicien, cela change tout. Peu importe finalement : ces écarts, je n’y comprends rien !

Mais j’adore le violoncelle. Sa sonorité, sa musicalité, sa diversité sont uniques et merveilleuses. Nous avons la chance, en Belgique, de vivre actuellement une session du Concours Reine Élisabeth consacré pour la première fois au violoncelle. C’est somptueux. Je n’ai vu  pour le moment - sur nos antennes nationales - que trois musiciens. J’étais scotché. Je ne sais pas s’ils sont dans les meilleurs ou non. Mais c’était sublime !

Je ne serai jamais violoncelliste. J’ai trop d’admiration pour cet instrument. Mais je peux dire que nous avons une chance inouïe, en Belgique, de voir et d’entendre un tel concours international se dérouler en nos terres et de pouvoir visionner et écouter cela sur nos antennes nationales, publiques, ouvertes à tous. C’est en réalité un cadeau sans commune mesure.

lundi 15 mai 2017

Les mots magiques

Cela fait quelques mois que je vois régulièrement passer ce panneau sur Internet. Apparemment, d’origine portugaise, il aurait été traduit en suédois, avant d’être internationalisé, notamment en français. Cela montre l’intérêt de la question abordée, à savoir la part de responsabilité dans l’éducation respectivement des parents et de l’école. En France, il y a par ailleurs depuis longtemps un débat entre les missions d’éducation et d’instruction. Soyons clairs : pour moi, ce panneau a tout faux.

J’ai hésité à écrire « tout faux » en majuscules dont les réalisateurs du panneau semblent – à tort – très friands. Mais bon, ne soyons pas (trop) mesquins !

Tous les apprentissages cités comme devant être réalisés « à la maison » ont effectivement celle-ci comme première source d’apprentissage. Et il est vrai que malheureusement ces apprentissages familiaux souffrent parfois de quelques déficiences. Aujourd’hui plus qu’hier ? Sans doute, même si cela resterait à prouver. Mais ces apprentissages fondamentaux n’ont jamais été l’apanage de la famille. L’école – déjà du temps de Socrate – a toujours visé le développement de ces comportements sociaux. Non pas pour se substituer aux familles, mais parce que ces apprentissages, appelés dans le jargon pédagogique des « savoir-être », sont tellement complexes et fondamentaux qu’il faut bien que tout le monde s’y mette pour espérer que le maximum d’enfants les maîtrisent. Finalement, ce sont aussi ces apprentissages qui feront, notamment, que l’enfant deviendra un citoyen libre, engagé et responsable. Nous avons tous connu, sous une forme ou une autre, des « points de conduite » portant sur notre politesse, notre ponctualité, notre respect des autres et de l’ambiance de travail, etc. Cette « évaluation du comportement » est globalement acceptée par tout le monde. Elle pose des problèmes éthiques et méthodologiques importants que j’ai traités par ailleurs. Mais elle montre de toute évidence l’importance majeure que l’école apporte – et doit apporter – au développement de comportements sains, respectueux et responsables.

De son côté, l’école se consacre bien évidemment aussi aux apprentissages « cognitifs », qui sont eux aussi des « mots magiques » : les mathématiques, les langues, les sciences tant humaines que naturelles ou exactes, l’éducation physique, etc. C’est sans doute sa fonction première. Oui, l’école « instruit ». Mais elle n’est pas seule à le faire. Imagine-t-on des parents qui ne stimuleraient pas leurs enfants à marcher et faire des cumulets, à compter les bonbons pour savoir s’il y en aura assez pour tout le monde, à admirer un paysage en expliquant en toute simplicité ce qui en fait sa beauté, à reconnaître et écrire son nom, à communiquer avec ceux qu’on rencontre (même si c’est dans une langue étrangère), à observer et comprendre en termes simples un phénomène scientifique, etc. ? À nouveau, ces apprentissages fondamentaux n’ont jamais été l’apanage de la seule école. Aujourd’hui plus qu’hier, certainement. Car l’émergence d’Internet et tout ce qui l’accompagne ne font que donner à l’enfant une multitude de voies vers les apprentissages de base. Tant l’école que les parents doivent s’en rendre compte : les enfants d’aujourd’hui (et sans doute d’hier) apprennent en réalité bien plus en dehors de l’école et de la famille… Et c’est tant mieux.

Bref, ce panneau qui essaie d’opposer les apprentissages qui seraient réalisés en famille ou à l’école n’a pas de sens. Tous les apprentissages sont toujours et de manière indispensable réalisés tant en famille qu’à l’école, ou ailleurs encore…

Une dernière interpellation : la dernière phrase du panneau déclare sans sourciller qu’il faut partager le message « pour le bien de la nation » ! Alors là, on sombre évidemment en plein délire. Une telle prose est malheureusement celle de l’extrême-droite. Cela explique peut-être l’existence et le succès de ce panneau. On peut s’en inquiéter.

dimanche 14 mai 2017

Sus à l’antimacronite aiguë

Je ne me suis pas vraiment prononcé pendant la campagne électorale. D’une part, parce que je n’étais pas directement concerné : je suis Belge et – même si ce qui se passe en France sur le plan politique est passionnant – je reste sans droit de vote. D’autre part, j’avoue être resté – jusqu’au bout – très sceptique sur ce que les candidats proposaient. Macron a été élu. Depuis lors, je constate -  essentiellement sur FaceBook et de la part d’amis belges – une antimacronite aiguë. De toute façon, il a tort et il faut qu’il dégage !

Fidèle à mon billet précédent, « j’attends de voir ». Macron est-il un Président providentiel ou au contraire un Suppôt de Satan ? Je n’en sais rien. Qu’on lui laisse un peu de temps !

J’avoue que pendant toute la campagne électorale, j’ai toujours été dérangé par le postulat « Macron ancien banquier = Macron à la solde des banques ». Je suis un ancien scout. « Scout un jour, scout toujours ». Je le reconnais et je revendique cette continuité. Mais enfin, à ce que je sache, il n’y a pas – comme chez les scouts – de « promesse de banquier ». Et quand bien même. J’ai en réalité fait deux fois ma promesse scoute. Cela veut dire que j'ai juré que « sur mon honneur et avec la grâce de Dieu, je m'engage à faire de mon mieux pour servir Dieu, mon pays, etc. ». C’était un autre temps. Je ne renie pas mon engagement, mais aujourd’hui, je refuserais une telle formulation. J’ai changé. Je ne renie pas ce que j’ai été. Mais je suis ce que je suis. Non pas ce que j’ai été. Cet exemple n’est qu’un exemple parmi d’autres. Je refuse de penser qu’un être humain soit enfermé dans son passé. Je ne dis pas que ce passé n’a pas d’importance. Je dis seulement que celui-ci ne conditionne pas éternellement un individu. Heureusement !

Jusqu’à preuve du contraire, Macron semble vouloir faire « autrement ». Ce qu’il dit et son parcours semblent indiquer la voie à une autre manière de faire, loin de l’opposition classique gauche-droite. Certains me diront que ce n’est que de l’enfumage. J’aimerais savoir ce qui leur permet de le dire. J’en connais qui diront que c’est évident étant donné que seule « la lutte des classes » importe. Je n’ai rien à redire à cet argument, si ce n’est que le concept me semble totalement dépassé, non pas tant dans sa réalité fondamentale que dans sa formulation. Je ne suis décidément pas convaincu qu’une quelconque « lutte » puisse mener quelque part. Pour moi, comme je l’ai chanté, « il n’y a guère de guerres qui en valent la peine. Même les guerres de naguère ne conduisent qu’à la haine. Toute guerre est vulgaire et tout à fait vaine ». La lutte des classes n’est qu’une guerre parmi d’autres.

Je ne suis pas macroniste. J’ai des doutes sur son programme. Il me semble un peu trop « beau » pour être vrai. Mais le minimum de l’intelligence me semble de lui laisser sa chance. Seul l’avenir détient un peu de vérité. Et comme l’écrivait Eugène Guillevic (merci Jean-Claude) : « On ne possède rien, jamais, qu’un peu de temps. »

lundi 1 mai 2017

J'attends de voir

Après 30 années passées en Flandre, j’ai donc émigré vers la Wallonie pour – au moins – un nouveau bail de 30 ans. Quand j’en parle autour de moi, la plupart des réactions consistent à dire « Ah, tu vas donc payer plus de taxes ! ». Ma réponse consiste toujours à dire « J’attends de voir ». Je commence à voir !

Nous sommes en Belgique en pleine phase de remplissage de déclaration d’impôt. Depuis longtemps, j’utilise la version électronique Tax-on-web, pour mon plus grand bonheur. Non seulement, cela m’a permis pendant des années d’entrer mes données en français contrairement à toutes les lois linguistiques flamandes, mais en plus cela permet de calculer à l’avance le montant des impôts. En ce qui me concerne, ce calcul préalable s’est toujours révélé exact au bout du compte.

Utilisant ce 1er mai pour encoder mes données – en réalité, juste entrer quelques données non encore pré-encodées – j’ai pu faire une première simulation. Premier constat : la taxe régionale flamande ou wallonne est exactement du même niveau : 35,117% de l’impôt fédéral. Deuxième constat : la taxe communale, en Flandre, était de 8% alors qu’en Wallonie, elle n’est (pour ma commune) que de 6%. Résultat : environ 360 EUR de différence, à mon avantage !

Certains me rétorqueront : « Oui, mais en Wallonie, il y a la taxe « TV », de 100 EUR par ménage » ! C’est vrai. Mais en Flandre, il y a l’Assurance Soins qui vise – et c’est très bien – à octroyer aux personnes sévèrement dépendantes une intervention dans les frais de soins non médicaux. Montant : 50 EUR par personne de plus de 25 ans, soit en ce qui me concerne 150 EUR. Différence entre les deux systèmes : 50 EUR, à mon avantage !

En Flandre, j’avais des panneaux solaires photovoltaïques. Comme je l’ai exposé ici, le système actuel de rémunération du réseau utilisé coûte 469 EUR par an. En Wallonie, cette taxe « prosumer » n’existe pas encore, même si elle devrait arriver. De plus, je n’ai pas (encore) de panneaux solaires. Mais globalement, j’épargne cette taxe de 469 EUR.

Je n’ai pas encore connaissance de toutes les taxes régionales et communales wallonnes. Je sais qu’en Flandre, je payais une taxe pour l’environnement de 50 EUR, une taxe pour l’enlèvement des immondices de 50 EUR aussi, sans compter que ma commune était passée au paiement « au poids » qui se révèle très coûteux ! À première vue, je devrais gagner une centaine d’euros en ayant déménagé.

Faisons les comptes : 360 EUR + 50 EUR + 470 EUR + 100 EUR = 980 EUR.

En d’autres termes, passer de la Flandre en Wallonie devrait me permettre de gagner environ mille euros grâce aux moindres taxes. Ce n’est pas un chiffre définitif. J’attends toujours de voir. Mais c’est interpellant par rapport à la vision largement partagée ! La rumeur…

Pour terminer, si je suis bien content de constater cette différence, je tiens à ajouter que pour moi, les taxes et autres impôts sont absolument indispensables, surtout quand ils ont du sens. Je préfère de loin payer 150 EUR pour une assurance soins basée sur la solidarité que payer 100 EUR uniquement parce qu’il m’arrive de regarder la télévision… Bref, j’attends de voir !

mardi 18 avril 2017

Ou choisir et assumer son vote ?

À la suite du référendum turc sur les pouvoirs de leur Président, et du soutien massif de la communauté turque belge, la question de la « double nationalité » ressort dans les débats, sans doute pour mieux nous faire oublier tout le reste. Question à la fois politiquement orientée et mal posée !

Question politiquement orientée : il s’agit avant tout de réagir à la menace du cosmopolitisme galopant, surtout s’il est un tantinet musulman. Tout le monde se fout pas mal de ceux qui sont à la fois Belges et Français, ou Italiens, ou Espagnols, etc. Les seuls qui posent problème sont comme par hasard les Belges qui sont aussi Turcs, ou Marocains, ou Algériens, etc. Ce sont ceux-là qu’il faudrait soi-disant obliger à choisir, alors même que certains n’ont pas le choix puisqu’ils ne peuvent pas, comme les Marocains par exemple, quitter leur nationalité d’origine. Cette double nationalité peut interroger. Mais pourquoi ne pose-t-elle vraiment problème que lorsqu’elle concerne une origine supposée musulmane ? Je ne veux pas être bisounours : l’islamisme violent existe et il faut tout faire pour s’en prémunir des dangers. Mais combien de fois faudra-t-il redire que ce n’est pas parce qu’on est musulman qu’on est un terroriste en puissance ?

Question mal posée : en quoi le fait de disposer d’une double nationalité pose-t-il problème ? L’existence de cette double nationalité ne me semble en soi poser aucune difficulté. Ce sont ses conséquences qui peuvent interpeller. Notamment le fait de pouvoir « voter » dans deux pays. Si les Belgo-Turcs n’avaient pas pu s’exprimer lors du référendum d’Erdogan, tout simplement parce qu’ils ne pourraient voter qu’en Belgique, la question de la double nationalité ne se poserait sans doute pas. Pas dans les mêmes termes en tout cas. La solution ne serait-elle donc pas d’amener toute personne concernée par une double nationalité à choisir la nation dans laquelle elle souhaite être considérée comme « électeur » ? Choix réversible bien entendu, dans le respect de certains délais pour éviter les girouettes électorales.

J’ignore totalement la faisabilité tant juridique qu’institutionnelle d’une telle proposition, mais elle me semble basée sur le bon sens même, dans le respect de chacun. On ne peut pas interdire à quelqu’un de se sentir appartenir à deux ou plus communautés selon son parcours personnel. Mais on ne peut pas non plus accepter pour autant qu’on puisse manger à tous les râteliers.

Dans ce domaine-là comme dans d’autres, plutôt que de vouloir passer son temps à interdire, ne peut-on pas simplement susciter auprès des gens de faire des choix positifs qu’ils assument pleinement ?

samedi 15 avril 2017

Qui dit quoi à qui ?

Quand j’étais instituteur, la chanson a toujours été au centre de la vie des différentes classes que j’ai eu la chance d’encadrer. Ce n’était pas chanter comme ça en passant. C’était avoir une véritable dynamique de chanson autour de l’apprentissage.

Déjà, quand j’étais stagiaire-étudiant en école normale, je me souviens avoir voulu faire mon stage de 6e année primaire (également « sixième » en France) dans une école traditionnelle alors que j’avais fait tous les autres stages dans des écoles en rénovation. Je voulais voir ce que c’était, sans oublier la chanson ! Je suis donc arrivé dans cette classe de l’Institut Saint-Jean Baptiste à Wavre où l’instituteur portait encore – on était en 1977 – le « cache-poussières », digne attribut du maître qui sait ! Il a été surpris quand je lui ai annoncé, en même temps qu’à ses élèves, que mon projet de stage était d’arriver à chanter tous ensemble et en rythme « La Tarentelle » d’Yves Duteil. Ces enfants n’avaient jamais chanté ensemble et l’entreprise n’était pas gagnée d’avance ! Je donnais donc mes leçons traditionnelles, dans le respect de ce que l’instituteur souhaitait, mais dès que j’avais une ou deux minutes à moi, je prenais ma guitare et on y allait « Vous avez appris la danse, danse, vous avez appris les pas, redonnez-moi la cadence, dence, et venez danser avec moi… ». À la fin du stage, tous les objectifs « matière » avaient été atteints… et en plus, ces enfants habitués à être « drillés » s’éclataient dans une belle interprétation collective de la Tarentelle. Toujours habillé de son cache-poussières, l’instit n’en revenait pas !

Devenu instituteur professionnel à mon tour, nous avons toujours chanté en classe. Quasiment tous les jours. C’était chaque fois un moment béni. Nous passions joyeusement du « Vieux Rampono » (chant traditionnel) à « Foutez-nous la paix » de Michel Fugain, en passant par « Il est interdit » ou « Le petit lapin » de Gaby Marchand… Vous ne connaissez pas ? Aucune importance. Mes élèves connaissaient et connaissent peut-être encore. Et on s’amusait bien.

On ne faisait pas que s’amuser. Chanter ensemble, c’est un travail progressif, collectif, inventif et instructif. Cela nous menait toujours plus loin, tant dans l’ambiance de la classe qu’au niveau des apprentissages : ceux-ci paraissaient plus légers, plus enchanteurs ! Nous avions aussi des récompenses : un jour, notre classe a participé à une émission de « Radio-Pirates » que la RTBF diffusait à l’époque tous les mercredis. Et nous avons pu chanter nos chansonnettes, dans la meilleure des humeurs !

Nous avons aussi participé, en 1989, avec les deux classes du Plateau Horizon (3e et 4e années), à l’émission de télévision « Nouba Nouba ». Celle-ci invitait chaque semaine deux écoles à venir chanter. La spécificité de notre prestation était que la chanson était entièrement créée par les enfants pour les paroles et par les deux instits, avec l’aide d’un parent, pour la musique. « Qui dit quoi à qui ? » reste un moment mémorable qui a permis de creuser les chemins de la communication. Je ne résiste par à la tentation de vous partager la vidéo de ce passage TV. La qualité technique est loin d’être au rendez-vous, mais l’ambiance y est. Et croyez-moi, derrière cette fête musicale télévisuelle, il y a des tas de moments uniques et intenses de partages musicaux qui font qu’une classe d’élèves atteint soudain une autre dimension.


NB : les plus avertis me reconnaîtront sur la photo !

samedi 8 avril 2017

L’arbre de vie

L’arbre de vie - Patrice de Schaetzen © 1996 – Photo : FMG©2016

Il y a juste un an, nous découvrions pour la première fois ce qui allait devenir notre nouvelle maison. On ne le savait pas encore à l’époque. C’était seulement la troisième maison que nous visitions, sans avoir de réel projet – du moins à court terme – de déménager. Mais voilà, la vie est ce qu’elle est. Sans y être véritablement préparés, nous nous sommes décidés, en deux jours. Cette fontaine de vie nous appelait à changer, après 30 ans de vie dans un autre paradis.

Nous y habitons maintenant depuis un peu plus de cinq mois. Pas un moment, nous n’avons regretté notre choix. C’est d’ailleurs étonnant la vitesse à laquelle on peut passer d’un « chez soi » à un autre « chez soi ». Et c’est très bien ainsi.

Je ne vous ferai pas visiter ici notre nouvelle demeure. Cela reste notre intimité. Nos amis y sont bien sûr les bienvenus, mais « pour vivre heureux, vivons cachés ». Sachez quand même que notre maison est fonctionnelle, originale, lumineuse, chaleureuse, calme, ouverte vers la vie.

C’est un vrai changement que nous avons choisi. Aujourd’hui, le déménagement est derrière nous, mais ce ne fut pas toujours une partie de plaisir ! Trente ans de vie, ça entraîne des milliers d’objets emmagasinés qu’il a fallu trier, jeter, donner, empaqueter, transporter, déballer, etc. Toutes les caisses ne sont d’ailleurs pas encore vides, mais c’est tout comme !

Le déplacement de tous ces objets n’est cependant pas l’opération la plus intense. La création d’un nouveau lieu de vie, la définition de nouveaux repères, la constitution de nouvelles bulles personnelles, l’ouverture vers de nouveaux horizons… Tout cela est bien plus complexe qu’un simple déménagement. Pour le moment, nous nous y retrouvons pleinement, en harmonie entre nous, avec nous-mêmes et avec notre nouveau cadre de vie.

Jamais, je n’aurais imaginé cela il y a un an, alors que nous visitions simplement une maison parmi d’autres. Dès le départ, elle avait quand même une spécificité fondamentale : cet « Arbre de vie » dont le doux murmure aquatique me berce en ce moment-même !

mardi 21 mars 2017

Voter pour José Happart ?

Ainsi donc, José Happart a annoncé aujourd’hui qu’il se présentait à l’élection pour la présidence de la Fédération PS liégeoise ! Quand j’ai appris cette nouvelle, j’ai éclaté de rire ! Alors même que cette élection vise à « rénover » cette mouise apparue par le scandale Publifin, s’il y a bien quelqu’un qui personnifie les pratiques délirantes et corrompues du PS, c’est José Happart ! Bref, c’est sûrement une blague !

Ce n’en est pas une : Happart est vraiment candidat. Personnellement, je suis convaincu cependant que c’est une bonne blague que ses copains lui font : ils l’ont certainement persuadé qu’il devait se présenter, qu’il était l’homme providentiel, que des tas de militants allaient voter pour lui en remerciement de ses nombreux services rendus antérieurs et qu’il bénéficierait donc des mêmes émoluments que la mouvance Publifin-Nethys ! Il est évidemment trop tôt pour dire ce qu’il en sera, mais je suis vraiment curieux de voir quel score atteindra le zigoto !

Cela dit, une autre blague… tout à fait véridique : José Happart est le seul socialiste (et le seul homme d’ailleurs) pour lequel j’ai jamais voté dans des élections officielles belges !

Enfin, en l’occurrence, c’étaient les élections européennes de 1989. Je venais de rejoindre – pour 30 ans, mais ça je ne le savais pas encore – la Flandre ! Il y avait ces élections et je ne savais vraiment pas pour qui voter. Or, à cette époque, Happart était le porc-épic/hérisson symbole de la lutte des francophones en Flandre.

Bref, le jour du vote, je suis arrivé avec dans mes poches le matériel nécessaire. Sur le bulletin de vote, j’ai consciencieusement dessiné le cadre d’une nouvelle liste dans laquelle il n’y avait qu’un seul candidat : José Happart ! Le travail terminé, j’ai saisi le crayon rouge pour colorier le rond destiné à faire connaître mon vote.

Heureusement, la Flandre n’était pas encore passée au vote électronique ! J’ai donc pu exercer mon devoir électoral dans les meilleures conditions. Et, pour la petite histoire, José Happart fut élu, avec 308 117 voix de préférence, meilleur score pour le collège francophone. En réalité, 308 118 voix, mais…

Espérons quand même qu’il n’obtiendra pas autant de voix à la prochaine élection. Ce serait dommage pour ses amis… et pour la morale politique !